APERTO LIBRO NULLA DIES SINE LINEA

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Touché Coulé, la torpille de la vérité


© - 2016 - La libre-pensée : Touché-Coulé, la torpille de la vérité

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« Un mensonge ne peut jamais être effacé.

Même la vérité n’y suffit pas. »

♥ Paul Auster ♥

 

Le mensonge peut il se justifier ?

N’est-il pas pire que la violence ?

 

C’est le sujet choisi que j’ai souhaité aborder

  via la libre-pensée tant il est d’actualité

dans notre monde moderne comme celui des rapports humains.

 

Mais qu’est ce que le mensonge ?

 

Par définition, le mensonge est l’énoncé délibéré d’un fait contraire à la vérité

ou encore la dissimulation de la vérité.

Il ne faut pas le confondre avec la contrevérité qui désigne simplement une affirmation inexacte sans préjuger du fait que son auteur le sache ou non.

 

En d’autres termes, on ne ment que si l’on sait

que l’on ment « sciemment » donc…

 

Le mensonge est ce que c’est grave ?

Sont-ils tous blâmables ?

 

De fait, il y a la question de la définition du mensonge et le contexte de ce dernier. On peut mentir dans certaines circonstances

pour éviter un mal plus grand.

 

Pour l’évaluer, deux critères sont à retenir : à savoir l’intention

mais aussi le pouvoir et l’autorité morale de ceux qui le profèrent.

 

Jean Jacques Rousseau disait :

« Mentir sans profit, ni préjudice de soi,

ni d’autrui, n’est pas mentir :

ce n’est pas mensonge, c’est fiction. »

 

Alors, vertu morale ou éducative ?

Soit …

mais par exemple les parents qui disent à leurs enfants que la soupe fait grandir, que nous naissons dans les choux ou que les loups-garous les kidnappent quand ils sont désobéissants, font ils autre chose ?

 

La frontière entre la fiction éducative et la manipulation est furieusement mince !

 

Alors, le mensonge, c’est :

 

parfois vouloir s’enfuir de la réalité qu’on ne veut pas accepter ni changer.

On pense ainsi vivre dans l’idéal que l’on se créé.

La réalité n’est pas dans ce cas la vérité.

Mais, les effets sur le long terme peuvent être graves.

C'est-à-dire qu’on peut en arriver à croire, pur et dur,

aux mensonges qu’on invente.

 

parfois vouloir se protéger contre les demandes inquisitoires de certains.

Nous avons tous droit à une vie privée et au refus de l’exprimer.

Le mensonge dans ce cas n’est pas une réponse adéquate ni justifiée.

Il est bien plus simple d’apprendre à dire :

« je n’ai pas à répondre à cette question » ou simplement savoir dire « non ».

 

parfois le visage de « la manipulation ».

Face à lui, on ne peut rien construire et encore moins communiquer car ils sont dépourvus de moralité et de respect.

Eh oui, tout se qui se construit sur le mensonge ne peut pas durer.

 

parfois le mensonge par « humanité » pour sauver la vie d’un ami par exemple

ou épargner la souffrance.

Mais, inutile de se leurrer, il reste et restera fondamentalement une duperie.

 

parfois pour certaines personnes, c'est comme une respiration, une habitude.

Et, cela demande de la volonté, un travail sur soi pour la contrer

car c’est une force qui a pris le pas sur elles.

Mais cela ne justifie pas tout car elles sont de leur responsabilité

de changer ou de guérir cela.

 

Et le mensonge quand on aime ?

 

Lorsqu’on sait que l’autre nous ment de manière éhontée,

que les preuves sont évidentes et que pourtant on s’acharne

à refuser encore de voir la vérité en face.

Pourtant notre petite voix intérieure nous rappelle

sans cesse ce qui crève les yeux.

 

« L’inconscient sait et tout ce qui se trouve en face de moi

veut me prouver le contraire. »

 

Sauf qu’il y a les sentiments…

Ils anesthésient et court-circuitent l’esprit à en brouiller toute objectivité

qui pourtant envoie bel et bien des signes.

 

Foutus sentiments qui l’emportent et vous bourlinguent d’un extrême à l’autre

quitte à préférer continuer à se leurrer en croyant ce que l’autre nous dit.

 

Bien sûr à l’exception du « pervers », une personne peut être sincère dans les sentiments qu’elle exprime ou du moins le croit elle.

 

Mais l’amour n’est pas fait que de paroles.

Un amour sincère se prouve, se vit par les actes, des attentions

et surtout des comportements.

 

Ce n’est pas à nous de trouver des excuses au fait par exemple que l’un des ses parents soit parti quand il était petit, qu’il n’était pas désiré et qu’il en a souffert…

 

Ce pourquoi, je considère qu’insulter mon intelligence en me croyant assez stupide pour avaler tout ce qu’on pense que je ne sais pas

équivaut à me poignarder deux fois.

 

Car l’erreur est de penser notamment qu’une femme

qui aime n’est jamais distraite.

Elle voit beaucoup plus de choses que ce que l’on croit.

Et même quand elle feint de ne pas voir,

c’est que justement, elle en a déjà assez vu

pour faire le choix de se murer dans le « sans voix ».

 

Mais aussi, pour ce qui me concerne, de faire ainsi le choix d’attendre, 

pour laisser une chance à la personne d’agir comme il se doit

et comme toute personne l’attendrait pour soi.

Après tout, personne n'est parfait donc il lui est possible

encore de rétablir la vérité.

Un temps d'attente plus ou moins long que je décide...

 

Aussi cruelle et difficile qu’elle soit, la vérité tisse le lien de la confiance et établit le respect adulte réciproque que toute relation se doit.

 

« Fais aux autres ce que tu aimerais qu’on te fasse ».

 

Pour autant, il est illusoire de croire que nous pouvons changer l’autre

et lui faire oublier son passé.

 

Mais, il arrive un moment, hélas trois fois hélas,

à défaut qu’il ne se décide enfin à le dire,

où il faut passer à l’action en osant nous même dire

ce que nous savons sur ses mensonges.

Et tant pis si ça fait mal…

La réaction est alors préférable.

 

Car la priorité, c’est de penser à soi pour ne pas se laisser démolir.

Il vaut mieux prévenir que guérir.

 

D’autant que l’impact déclenché peut s’avérer

comme un véritable électro choc chez l’autre.

Être franc dans cette situation ne veut pas dire être cruel ou méchant.

 

Car si l’autre nous aime sincèrement et qu’il regrette de tout son cœur de vous avoir fait du mal, il aura cette prise de conscience et saura ce qui lui reste à faire.

 

Personnellement, je hais le mensonge.

C’est la pire chose qui soit.

 

Pour la simple raison que j’ai vécu dans le mensonge perpétuel durant des années notamment les secrets de famille et de filiation.

 

Quand je les ai découverts, c’est moi, la victime sacrifiée qui ai payée

la note de ce qui avait été fait.

 

Ce jour là, quand la vérité est tombée, quelque chose a été détruit ou plutôt est né en moi, sous une autre forme :

 la déception, la trahison et le doute perpétuel

face à l’estime et l’amour que j’avais envers les auteurs.

 

L’inconcevable donna naissance à une violence sourde indélébile en moi.

Alors oui, le mensonge mis à jour peut être violent.

 

Parce que le plus grave est que le mensonge nous mine

et transforme peu à peu notre personnalité.

 

Le monde qui nous entoure devient alors hostile dénué de tous repères

faussés par ces mensonges.

 

Un mal-être généré par la seule responsabilité de personnes qui font le choix de mentir, de cacher « sciemment » ou par confort personnel la vérité que l’on doit.

 

Quid de nos fondations en tout cela ?

 

Bien sûr, à l’époque, sur le dit sujet, on n’en parlait pas.

Mais plus on attend le bon moment pour révéler une situation cachée, plus l’impact et les conséquences seront décuplés.

 

Mais qui protège t’on surtout en mentant à l’enfant ?

L’enfant ou nous ?

 

Aujourd’hui, je dirai sans hésiter que l’adulte qui ment à un enfant se protège lui-même parce que cela lui permet d’échapper à la difficulté d’affronter la vérité.

 

Ainsi pour moi lorsqu’un enfant ment parfois à ses parents pour protéger par pudeur son intimité parce qu’ils veulent tout savoir

à en oublier les limites du respecté,

je suis en capacité de le comprendre.

 

Mais dans l’autre sens, à mes yeux, ce n’est pas défendable

parce qu’il y a « préjudice » et que ce dernier va se développer intérieurement, jour après jour, de façon plus ou moins différée dans le temps.

 

La reconstruction après les mensonges est un véritable chemin de croix.

Il faut apprendre alors à se reconstruire, à faire le deuil de nos illusions perdues, de la confiance, de l’amour que nous avions

car plus rien ne sera jamais plus comme avant.

 

« Je ne suis pas fâché que tu m’aies menti.

Je suis seulement contrarié qu’à partir de maintenant,

je ne puisse plus te faire confiance. »

♥ Friedrich Nietzsche ♥

 

Alors même si un mensonge ne peut absolument pas être effacé par la vérité,

il aura au moins à minima le mérite d’avoir été avoué par une mise un plat

dont la forme aura enfin été respectée.

Mais enfin et surtout pleinement assumé par son auteur.

 

Ainsi il ne nous le laissera pas sur le cœur,

sans tenter d'avoir essayer de réparer,

car ce n’est pas à l’autre d’en supporter les plaies.

 

D’autant que le mensonge est un poids lourd voire une honte à porter qu’il vaut mieux d’emblée s’éviter car la vérité, elle, est sans pitié :

"Elle est comme l’huile, elle remonte toujours un jour à la surface."

 

« La faute, la plus terrible faute, n’est pourtant qu’une pauvre chose qui s’évanouit sous le regard.

Reconnue, elle disparaît comme une ombre lorsque vient la lumière. La conscience des hommes, qui vit, en eux et entre eux, de reconnaissance, de symboles, en sort augmentée :

tout ce qui est manifesté est lumière. »

♥ Marie Balmary ♥

 

 

Voilà pourquoi chacun de nous au travers

de notre pusillanimité doit faire un choix.

 

Celui de demeurer l’otage conscient du mensonge ou revendiquer avec maturité les valeurs comme l’honnêteté, le respect, la confiance en se refusant toute déformation de la vérité qu’il n’accepterait pas pour lui-même...

 

Ainsi se conçoit toute relation confondue enfant adulte.

Il y va de notre stabilité sur les pas de notre destinée. 

 

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28/02/2016
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