APERTO LIBRO NULLA DIES SINE LINEA

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Le faible n’est pas celui qu'on croit


© - 2016 - La libre-pensée : Le faible n’est pas celui qu'on croit

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« La plus noble des vertus reste la gentillesse, mais le monde d’aujourd’hui en a fait une faiblesse. »

♥ Stéphane Étienne Matha ♥

 

Quelle vérité dans cette citation que j’ai choisi d’aborder,

en pensée du jour, aujourd’hui…

 

Sans doute parce que je m’y reconnais pleinement étant foncièrement

une incurable « gentille ».

J’aime les gens.

 

J’ose même avouer que j’ai une forte propension d’essayer naturellement de voir chez l’autre, de la gentillesse,

de la beauté du cœur et ce, indépendamment de son passé,

de ses actes ou de sa froideur.  

 

Du coup, je mets systématiquement le compteur à zéro face à toute personne que j’accueille dans ma vie et me laisse guider par mon cœur.

 

Cela peut paraître naïf ou dangereux d’être aussi spontanée quand force est de constater que cette qualité n’a décidément plus la cote à l’ère du chacun pour soi et de notre écosystème relationnel.

 

C’est pourtant un choix qui n’est pas si irréfléchi qu’il n’y parait…

 

Face à un monde clairement devenu cynique et brutal, il est vrai que la personne gentille apparaît aujourd’hui comme étant forcément trop faible, naïve pour connaître ses propres désirs

et surtout les imposer aux autres.

 

Pire, elle est perçue comme la perdante et même utilisée la plupart du temps à ses dépens « en bonne poire » qu’elle est,

d’emblée, considérée.

 

Mais, à ne surtout pas confondre avec la personne gentille dite « anxieuse » qui se soumet, n’ose pas s’affirmer et qui reste dans la dépendance, la quête absolue d’une reconnaissance affective ou sociale.

 

Paradoxalement, paraître « trop gentil » peut aussi être perçu

sous un angle suspicieux.

D’où la fameuse expression « Trop gentil pour être honnête ».

Ce qui sous-entend alors une manipulation pernicieuse, déguisée,

uniquement dans le but d’arriver à ses fins.

 

Mais, la gentillesse demeure essentiellement prise pour de la faiblesse qui caractérise une incapacité de savoir dire NON voire même d’être prêt à tout pour se faire aimer quitte à se faire avoir.

 

Faut-il alors continuer à croire qu’il vaut mieux être battant, égoïste et sans états d’âme, conditions sine qua non

pour réussir et se faire respecter ?

 

Et si, à y réfléchir, justement, c’était tout le contraire ?

 

Pour la simple et bonne raison dans ce contre sens absolu, que c’est justement parce que l’empathie demande de la réciprocité :

« Être à l’écoute des pensées et des émotions de l’autre, tout en acceptant qu’il ait accès aux miennes et qu’il m’apprenne des choses sur moi » rappelle Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, auteur de L’Empathie au cœur du jeu social (Albin Michel, 2010).

Une disponibilité accrue à l’imprévu qui demande, de fait,

une sécurité intérieure et une confiance en soi.

 

Ainsi, loin d’être une faiblesse qui inhibe le « Moi » et l’empêche de rencontrer autrui, la gentillesse est une clé d’entrée,

une force qui permet de s’ouvrir aux autres.

 

L’exemple criant d’un simple sourire.

Il ne coûte rien mais il donne tant…

 

D’autant que pour être librement gentil, il faut accessoirement

avoir le choix de ne pas l’être.

Le choix qui laisse ainsi l’option de faire marche arrière

si on découvre et déplore que l’autre ne le mérite pas ou plus.

 

Il faut donc arrêter de prétendre à travers l’idée reçue qu’être gentil signifie être faible ou dénué d’intelligence.

"Tu es faible donc je t’écrase car j'ai le pouvoir sur toi."

 

Bien au contraire.

Et j’en reviens donc à mon choix initial

qui n’est pas si irréfléchi qu’il n’y parait…

 

Au travers de celui-ci, je donne en fait une chance, « la chance » à la personne d’apprécier ce que je lui offre avec tout mon cœur et sincérité.

 

Parce qu’être gentil : C’est être en capacité de faire le choix libre

et raisonné de donner de la gentillesse

spontanément et avec toute la sincérité, la confiance de cœur.

 

Comme à contrario, décider du jour au lendemain de la verrouiller, pour se protéger, vis-à-vis d’une personne qui en a abusée

ou vous fait énormément de mal.

Gentille oui, mais pas aveugle.

 

Et, pauvres sont celles dont l’incapacité est d’en témoigner.

Cela caractérise un manque notoire d’imagination tellement grave qu’il menace non seulement toute notion de bonheur,

mais aussi la santé mentale.

 

Ce pourquoi, j’aime rappeler que :

« Se soucier des autres est ce qui nous

rend pleinement humains. »,

comme le disait, si justement, Jean-Jacques Rousseau.

 

Alors, indépendamment de sa très mauvaise presse, la gentillesse (par tout acte de générosité, de bienveillance et d’altruisme) est bien à mes yeux une valeur positive, sûre et indispensable.

 

Et, même si notre société occidentale moderne renie ce plaisir interdit et priorise l’indépendance froide, nous la recherchons tous inconsciemment.

 

Tout simplement, parce qu’elle crée avec l’autre un lien d’intimité, d’implication qui peut par moment faire peur

mais dont on n’a tant besoin.

 

En sachant que c’est justement la gentillesse, cette noble vertu à la base, qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue et que tout ce qui va à son encontre est un coup porté à tous nos espoirs,

Le manque de gentillesse est une véritable maladie de notre époque.

 

A ma connaissance, les effets de la gentillesse

n’ont jamais rempli les cabinets de psychiatrie.

L’irrespect, le mépris, l’agressivité, la violence : Oui.

 

Il faut donc au contraire construire des ponts de gentillesse et non des murs hostiles qui nous isolent et nous épuisent.

 

 Un acte de gentillesse fait du bien.

Il est gratifiant autant pour celui qui le donne que celui qui le reçoit.

Il a même le pouvoir et la magie d’illuminer une simple journée.

 

Ce pourquoi, quel que soit ce monde extérieur qui bannit toute notion de gentillesse et la considère comme de la faiblesse,

je persiste à croire qu’elle est la plus belle des clés du trousseau

que nous ayons à notre portée.

 

Si tant est qu’on veuille sincèrement l’utiliser pour en donner

à celui qui saura l’accueillir avec tout son cœur et sa spontaneité.

 

 

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14/01/2016
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