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Le paradoxe de la confiance


Le paradoxe de la confiance

Le paradoxe de la confiance...
Beaucoup de couples voudraient baser leur relation sur une transparence absolue : Je te dis tout et Tu me dis tout. C’est là une erreur radicale. ... il n’est simplement pas possible de tout se dire, et c’est nous même, "consciemment ou inconsciemment", qui choisissons ce que nous ne disons pas. Ce que nous choisissons de conserver dans notre espace intime, notre jardin personnel.
C’est l’existence même de ce lieu, de ce temps personnel et inviolable qui permet la confiance au sein du couple.
En effet, si "une transparence totale" pouvait exister entre les partenaires, quel serait encore le sens de la confiance ? Quel mérite y aurait-il à «faire confiance» en une personne dont le moindre comportement nous est connu ?
La confiance - et cela peut paraître paradoxal - n’a de sens que si elle porte sur une part de la vie de l’autre qui nous reste inconnue.
Cet espace intime, ce jardin personnel, c’est un peu comme un jardin d’Eden, un paradis terrestre. C’est un lieu, un temps, un réseau d’amitiés et de relations qui nous appartient en propre, que nous ne partageons pas toujours volontiers avec l’autre. C’est aussi un lieu où nous savons que nous ne ferons pas de mal à l’autre car ce serait là une trahison : nous ne pouvons utiliser notre jardin secret pour y faire pousser des plantes destinées à empoisonner celui qui nous autorise à y séjourner. C’est un lieu dont nous seul pouvons décider ce que nous en dirons à l’autre, pour partager une anecdote, raconter une inquiétude, avouer une erreur.
Voilà donc bien tout le paradoxe de la confiance !
Je prends le risque de ne rien demander à l’autre de ce qui se passe dans son jardin secret.
Parce que si j’essaie de savoir ce qui s’y passe sans qu’il ne m’y ait invité, je viole ce secret et je m’exclus de la confiance de l’autre.
Si l’autre ne me trahit pas au sein de son jardin, je deviens celui qui trahit et je mérite d’être expulsé du jardin et d’errer en solitaire.
Si l’autre me trahit en son jardin, j’acquiers la connaissance du mal qu’il me fait, et je me condamne moi-même à la souffrance.
Cette acceptation ne doit pas être spontanée. Comment pourrait-elle l’être d’ailleurs ? Il n’y a pas de paradoxe plus évident que celui de vouloir forcer la spontanéité. Une chose spontanée ne peut être contrainte, par définition.
Dire à l’autre: «je voudrais retrouver la spontanéité de nos premières rencontres», c’est lui demander l’impossible. L’autre ne peut se comporter spontanément que si nous ne le lui demandons pas ! Et nous-même, nous ne pouvons être spontanés que si nous ne cherchons pas à l’être.
Ne pas chercher à pénétrer le jardin secret de l’autre, c’est donc un acte volontaire.
La confiance est un acte volontaire...
Faire confiance, c’est apprendre à ne pas demander à l’autre de comptes sur ce qui lui appartient et c'est aussi une victoire sur soi...
Le questionner à ce sujet, c’est comme manger le fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal : une telle connaissance nous condamne à la solitude et à la souffrance.

 ♥ Dominique Foucart, psychothérapeute et médiateur ♥
 
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11/12/2014
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